lundi 10 décembre 2012

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Nous vous souhaitons de belles et bonnes fêtes de fin d'année !

jeudi 6 décembre 2012

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 8 : Christian de Duve à Néthen (Grez-Doiceau)

«C’est un charmant petit village du Brabant wallon qui doit son nom à la petite rivière qui le traverse », c’est en ces termes flatteurs que Christian de Duve, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1974, incite Ilya Prigogine, à venir lui rendre visite, chez lui, à Néthen dans l’entité de Grez-Doiceau … 8ème escale de notre odyssée en Brabant wallon.

Source : Wikipédia


Christian de Duve est né le 2 octobre 1917 à Thames-Ditton en Angleterre. Ses parents ont fui en Angleterre au cours de la guerre 14-18. Le retour en Belgique a finalement lieu en 1920 et la famille, à présent de 6 enfants, s'installe à Anvers.

Christian de Duve est élevé dans un esprit d'altruisme et se tourne donc naturellement vers la médecine. Elève brillant, il participe, au cours de ses études, au laboratoire de physiologie du professeur J.-P. Bouckaert de 1935 à 1941. C'est à cette période que va naître l'intérêt de Christian de Duve concernant l'action de l'insuline.

Il va consacrer l'essentiel du début de sa carrière de chercheur à tenter de percer le mystère du mécanisme de l'insuline. Il travaille durant 18 mois (1946-1947) au Medical Nobel Institute à Stockholm. Il part ensuite à la Washington University en tant que Rockefeller Foundation Fellow auprès de Carl et Getry Cory qui recevront le prix Nobel durant son séjour. Il rencontrera également, à Saint-Louis, Earl Sutherland, prix Nobel en 1971.


Source : The Rockefeller University

Il rentre finalement en Belgique en 1948 et commence à donner des cours de chimie physiologique à la faculté de médecine de Louvain.

Il fonde également un petit laboratoire qui va évidemment s'intéresser à l'insuline, mais également au glucagon (une hormone antagoniste à l'insuline). Il se rend compte que cette dernière contamine certaines préparations commerciales d'insuline qui donnaient dès lors des résultats illogiques (paradoxaux) sur le foie.

Il essaye donc dans un premier temps de caractériser une enzyme hépatique qui pourrait le renseigner sur l'action de l'insuline. C'est en étudiant cette enzyme qu'il se rend compte qu'elle est attachée à une structure cellulaire.
Christian de Duve va alors s'inspirer des travaux d'Albert Claude sur le fractionnement cellulaire afin d'identifier cette fameuse structure cellulaire. Il découvre grâce à cette méthode que la glucose-6-phosphatase est liée à une série de petites particules qui seront baptisées microsomes.

Cette étude révèle également un phénomène inattendu de "latence" de la phosphatase acide. Christian de Duve se consacre à l'étude de ce phénomène étrange tout en perfectionnant les instruments de recherche de Claude. C'est ainsi qu'il découvre les lysosomes et les peroxysomes, deux organites cellulaires aux nombreuses fonctions physiologiques et dont les anomalies sont responsables de nombreuses pathologies.
A partir de là, Christian de Duve se consacre uniquement à l'étude de la biochimie subcellulaire, poursuivant deux buts : améliorer les connaissances en biologie fondamentale et se servir de ces découvertes pour améliorer la santé de l'homme.
Il partage son temps entre l'université Catholique de Louvain et le Rockfeller Institute de New York. Il développe également aux États-Unis un nouveau centre de recherche qui poursuit les mêmes buts que celui de Louvain.


C'est en 1974 qu'il obtient la consécration en gagnant le prix Nobel conjointement avec Albert Claude et George Emil Palade. Il est de plus élevé au rang de vicomte par le roi Baudouin en 1989.
Mais loin de s’arrêter là, Christian de Duve exprime par la suite son talent à travers l'écriture. Il partage ainsi sa vision de la beauté des sciences et sa fascination pour les différentes facettes de la vie : sa vision de la cellule, de la naissance de la vie, .. Dans "Poussière de vie", il va même jusqu'à couvrir les 4 milliards d'histoire du vivant.
Dans « A l'écoute du vivant », il se pose la question universelle « Et Dieu dans tout cela ? ». À la question du divin, Christian de Duve explique que pour lui Dieu n'a pas créé l'homme à son image, "mais c'est l'homme qui a créé Dieu à son image ». Il ne ferme cependant pas complètement la porte à l'existence de ce qu'il nomme « son ultime réalité» :   «Exceptionnellement, je me suis senti proche de quelque chose d'ineffable, totalement mystérieux, mais réel, du moins pour moi».
                                                                                                       Cédric Huntzinger

                                                            Merci à Chantal Ferré pour son aide précieuse


Pour en savoir plus :
 

Au cœur de la cellule / Bruno Emsens
Vif ; nr. 46, p. 78-84

Cent cinquante ans de médecine en Belgique
Brabant ; nr. spécial 2-3, 1980, p. 112-118

Christian de Duve : l'évolution a un sens / Olivier Postel-Vinay
La Recherche ; nr. 286, avril 1996, p. 90-93

Christian de Duve : Poussière de vie - Une histoire du vivant / André Jaumotte
Revue générale ; nr. 8-9, août-septembre 1996, p. 43-47

De Duve entre Paley et Dawkins / Louis Duquesne
Revue générale ; nr. 1, janvier 1999, p. 65-71

in
Mélanges néthennois 2006
Néthen : Amis de Néthen, 2006
78 p. : ill., photos, dessins ; 30 cm

Quand le chercheur ne sait pas où il va mais sait comment s'y rendre / Thierry Pauwels Athéna ; nr. 125, novembre 1996, p. 127-129

Un Jour, l'homme disparaîtra / Emilie Lanez
Point ; nr. 1709, juin 2005, p. 98-100