mercredi 22 mai 2013

Les figures illustres du Brabant wallon. Episode 11 : Arthur Brancart à Fauquez (Ittre)

 Nous allons pour cette étape de notre périple en Brabant Wallon, nous arrêter à Fauquez, un hameau à cheval sur Ittre et Braine-le-Comte, et nous intéresser plus particulièrement à Arthur Brancart, l’un des grands artisans de la réussite des
Verreries de Fauquez au début du 20ème siècle.

Buste d'Arthur Brancart
Photo : Pixels BW
Henri Michotte qui, en 1899, a racheté, pour une bouchée de pain, cette verrerie spécialisée dans le verre creux, fait appel à Arthur Brancart. Celui-ci jouit déjà d’une certaine réputation dans le milieu. Originaire d’une famille modeste, il a commencé comme apprenti dans une verrerie de Boussu. Suivant des cours de soir en décoration sur verre, il devient rapidement chef d’atelier. Il gère ensuite les Gobeleteries et Cristalleries de l’Escaut. Il est même employé par la Société Générale de Belgique pour mettre de l’ordre dans ses filiales  en Pologne.
A Fauquez, il s’impose rapidement dans la société qu’il rachètera plus tard.
Il faut dire que depuis son arrivée, Arthur Brancart n’a de cesse de développer la société. Il fonde notamment une usine céramique et une section  verres spéciaux  voit le jour dans la gobeleterie en 1907.
En 1912, une cantine et une salle des fêtes sont construites pour accompagner le développement rapide de la société.
Arthur Brancart s’attache à développer de nouveaux produits. En 1913, les verres opalescents et colorés connaissent  un grand succès à l’exposition de Gand.
C’est dans les années 20 que les verreries de Fauquez connaissent leur âge d’or.
A la fin de la Première Guerre mondiale, les verreries commencent à produire de la marbrite (une imitation de marbre faite à base d’éclats de verre). A la suite de l’exposition des Arts décoratifs de Paris de 1925 où il gagne le grand prix et de la mode Art Déco, le produit connaît un énorme succès.
Parallèlement à ce succès économique, la Verrerie agrandit ses territoires et les aménage. De nouveaux départements s’ouvrent. Une glacerie, entre autres,  a pour but de polir la marbrite  qui connaît un succès international toujours plus grand.
Cette croissance entraîne un besoin en main-d’œuvre toujours plus important. Le nombre d’ouvriers passe ainsi de 200 à 800 en 1930.
C’est à cette fin que les verreries créeront aussi une véritable infrastructure sociale.
Au total, ce ne sont pas moins de quatre corons qui verront le jour. Ces habitations étaient gratuites pour les employés de la société. Sept cités ouvrières seront également construites. A son apogée, la société comptera jusqu’à 3000 ouvriers.
Le logement ne fut pas le seul secteur développé. Un véritable esprit de vie en circuit fermé fut instauré afin d’assurer la réussite économique de la société. Une caisse de secours ainsi qu’un service médical et pharmaceutique seront créés. Une chapelle sera érigée. C’est dans ce contexte qu’un économat, une saboterie, une boucherie et une tannerie ouvriront leurs portes. Le domaine de l’éducation ne fut pas non plus oublié. Une école sera ainsi fondée dès 1905 et ensuite remplacée par une nouvelle infrastructure en 1907. Celle-ci accueillera jusqu’à 141 élèves. Même le secteur des loisirs ne fut pas négligé. Une salle des fêtes sera bâtie à cet effet en 1910.

Arthur Brancart décède en 1934 et lègue la société à ses quatre fils. La marbrite finira par être supplantée dans les  années 1960 et la société sera obligée de se recentrer sur sa production d’origine, le verre creux. Elle sera dès lors en sursis et c’est en 1979 que la société fermera définitivement ses portes.
                                                                                                                                                                           Cédric Huntzinger


Les extraits de « La chanson de Fauquez » ci-dessous, nous éclairent à propos de l’ingénieux industriel que fut Arthur Brancart et de l’action sociale qu’il mena en parallèle à l’essor des verreries.


Il y a trente ans, notre petit village
Fauquez, Messieurs, n’était qu’un bon hameau
Presqu’inconnu, même du voisinage
Mais aujourd’hui, voyez comme il est beau.
De grandes usines, salles de fêtes et écoles,
Un cinéma et de jolies maisons […]


C’est aussi grâce à sa philanthropie,
A son souci du sort du personnel
Que nous avons une boulangerie,
Un magasin aux prix exceptionnels […]


Bref, en un mot, toute sa vie entière
Ce bienfaiteur la consacre à Fauquez […]

Depuis longtemps, je caressais l’idée
De vous parler de notre cher patron,
Arthur Brancart, l’homme aux larges idées
Que nous aimons et que nous respectons […]



Arthur Brancart a l’idée de faire construire tout près de l’usine, une chapelle consacrée à Sainte Lutgarde, entièrement parée de marbrite. Celle-ci est aujourd’hui désacralisée.
 
Photo : Bernard Delnatte


Le fronton de la salle des fêtes arborait l’inscription : Bien travailler, bien s’amuser ? Un témoignage du passé fabuleux de Fauquez.



Photo : Bernard Delnatte

                   http://www.chapelledeverre.be
                   http://www.pixelsbw.com/sitemap.htm
"Bien Travailler, Bien s'amuser, l'Utopie selon Arthur Brancart" Documentaire de 26 minutes en HD (2012) réalisation Olivier Vandersleyen Production "Widescreen"
Trailer :http://www.youtube.com/watch?v=_4iyuoDEpY4
http://mediaplan.ovh.net/~widescre/widescreen/Widescreen/FR_fauquez_synopsis.html
Pour le DVD suivez le lien: http://www.widescreen.be



Pour en savoir plus :

Les maisons en marbrite et cimorné en Wallonie / Lucia Gaiardo, Claire Billen ; avec la collaboration de Anya Diekmann, Pierre-Alain Tallier
Jambes : Ministère de la Région wallonne, 1999
(Carnets du patrimoine ; 27)
48 p. : ill., photos ; 24 cm

Mémoires ittroises à la rencontre du passé de... Ittre, Virginal, Fauquez, Haut-Ittre, Huleu, Samme, Le Bilot : sans oublier ses trains et trams / Réalisé par Geneviève Dupont
Ittre : CLI, 1995
132 p. : ill., photos ; 20 cm

Les verreries de Fauquez
Nivelles : Ligue de l'enseignement du Brabant wallon, 2009
27 f. : ill., photos ; 30 cm

Les verreries de Fauquez. 01, Contribution à l'étude de l'archéologie industrielle : apport urbanistique et idées sociales d'Arthur Brancart (1902-1934) / Olivier Lemesre
Bruxelles : Institut supérieur d'histoire de l'art et d'archéologie de Bruxelles, [198.]
208 f., [24] p. ; 30 cm

Les verreries de Fauquez. 02, Contribution à l'étude de l'archéologie industrielle : annexes, documents et actes / Olivier Lemesre
Bruxelles : Institut supérieur d'histoire de l'art et d'archéologie de Bruxelles, [198.]
154 f. : ill. ; 30 cm

mardi 21 mai 2013

La Grande Guerre et sa mémoire

Dimanche 16 juin 2013

Excursion en autocar à Ypres et Dixmude
La Grande Guerre et sa mémoire

Le 16 juin en avant-première aux commémorations du centième anniversaire de la Grande Guerre, les Amis de Bousval proposent une excursion en autocar à Ypres et Dixmude.

Le Professeur Guido Latré, habitant actuellement à Bousval, est originaire de la région du front de la Grande Guerre . Il traite de ce sujet dans ses cours de littérature et d'histoire anglaises à l’UCL. Le 16 juin au cours d'une excursion d'une journée, il nous amènera à son ‘plat pays’ natal. Il nous livrera ses commentaires sur la Grande Guerre. Nous passerons par quelques lieux de mémoire: notamment des monuments de l’Empire britannique, la sculpture émouvante des ‘Parents en Deuil’ de l’artiste allemande Käthe Kollwitz et des cimetières belges, allemands et du Commonwealth. Il guidera la visite du ‘Musée Mémorial Passchendaele 1917’ avec les tranchées sous-terraines reconstruites et des belles villes d’Ypres et Dixmude.

Départ à 8 h précises : avenue des Combattants devant la salle Gossiaux à Bousval Retour vers 21h30 Emportez le pique-nique du midi.
Participation aux frais: 40 € comprenant le voyage en car, l'entrée au musée et le pourboire du chauffeur. Ne sont pas compris: les boissons et la collation du soir.
Paiement avant le 6 juin au compte bancaire BE69 0680 3974 6078 des Amis de Bousval.

Inscription obligatoire et renseignements: Marie-Rose Petitjean, tél. 010/61.13.72 (répondeur en cas d’absence) ou courriel mrlp1@hotmail.com. Les inscriptions reçues sur le répondeur ou par courriel seront confirmées.

Cercle socio-culturel « LES AMIS DE BOUSVAL » asbl – n° entreprise : 412.041.152 
Siège social : Rue du Château 41 à 1470 Bousval – IBAN : BE69 0680 3974 6078 BIC : GKCC BE BB
Site internet : www.lesamisdebousval.be – Mail : adbousval@gmail.com

jeudi 16 mai 2013

Nous avons cherché pour vous

A propos des carrières du Brabant wallon

 Un article de Jean-Jacques Chapelle et de Georges Lecocq nous rappelle la présence de kaolin (eurite), dans le sous-sol nivellois au 19e siècle.

Victor Boch fut particulièrement intéressé par ces gisements nivellois peu exploités. En effet, en 1863, le géologue G. Lambert avait déjà vanté l’excellente qualité du gisement : « Il est permis d’espérer que cette roche sera un jour d’une grande ressource pour la céramique belge ».L’exploitation de l’eurite à Nivelles connut un franc succès. En 1884, trois wagons de dix tonnes en moyenne étaient expédiés par semaine.
Cette roche, mélangée à d’autres matériaux, fut utilisée dans la fabrication de faïence fine.

On la retrouve également dans des piliers de la Collégiale ainsi que dans le pignon du transept ouest mais également dans les murs de la Tour Simone.


Photo : Wikipédia


Vous désirez un complément d’information ? N’hésitez pas à consulter l’article, à l’Espace 81, ouvert le mercredi toute la journée ou sur rendez-vous pour les autres jours de la semaine.

Les carrières de kaolin à Nivelles / Jean-Jacques Chapelle ; préparation à l'édition et compléments : Georges Lecocq
Rif tout dju ; nr. 504 (janvier-février 2013), p. 33-39