mardi 16 juillet 2013

Bibliothèque centrale du Brabant wallon aux Journées des bouquinistes de Nivelles

 
 
 
La Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon vous donne rendez-vous les dimanches 18 et 25 août de 10 à 18 heures pour les Journées des bouquinistes dans le cadre agréable du cloître de la Collégiale ainsi que dans la Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville de Nivelles.

Nous vous y proposerons :
  • des ouvrages en wallon : pièces de théâtre anciennes, textes et études littéraires.. 
  • des ouvrages d’auteurs et d’éditeurs belges 
  • des livres d’histoire
 
 Pour plus de d'infos sur les Journées des bouquinistes...

mardi 2 juillet 2013

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 12 : Hector Defoër à Jodoigne

Jodoigne est l’étape suivante dans ce beau périple à travers le Brabant wallon. Les lieux illustres attachés à des propriétaires non moins illustres n'y manquent pas : le château Pastur, le château de l’Ardoisière, le château de la Vicomté… tous méritent de s’y arrêter.
Le choix s’est porté sur le Château des cailloux  construit sur les plans de l’architecte Émile Janlet à la demande d’Hector Defoër-Bey en 1881.
    
Coll. J. Tordoir


Un article d’Espace-vie en 2011 posait la question à Joseph Tordoir, historien et échevin à Incourt, : Quel avenir pour le château des Cailloux ?
[…] Il a subi un important incendie en 1952. La toiture a été ravagée. Du mobilier, des tableaux et des lustres ont également disparu lors de ventes publiques....Le château perd de son charme. Heureusement les jardins sont encore magnifiques, même si la plupart des statues en bronze ont été volées. […]… Le château est clairement sous-utilisé et c’est bien dommage. L’entretien d’un tel site demande des moyens énormes, que la Communauté française n’a pas nécessairement.[…]  Il y a en tout cas un potentiel pour créer de belles choses. J. Tordoir.

Mais intéressons nous aux origines du château, construit au centre du Bois des Cailloux et établi dans un vaste parc paysager.
Pour se faire, parlons d’Hector Dufour alias Defoër, né à Jodoigne en 1832, benjamin d’une famille modeste d’ouvriers agricoles. Le destin d’Hector est surprenant.
     
Hector Defoër


Son frère aîné Augustin est parti vivre à Paris pour tenter sa chance. Il entre, entre autres,  au service de l’ambassadeur de France à Lisbonne et il semblerait qu’en 1851 au plus tard, il séjournait en Égypte et était dans l’entourage des princes égyptiens. Hector est amené à suivre son aîné en Égypte à l’âge de 18 ans. Il y séjourne une vingtaine d’années et y fait carrière, notamment dans l’administration des finances du khédive d’Égypte. Il participe, entre autres, aux négociations des grands emprunts destinés à la construction du canal de Suez. Il reçoit le titre de « Bey » d’Égypte (seigneur). Parallèlement, à titre privé, il participe à la création de différentes sociétés notamment le Crédit Lyonnais.

En 1871, il revient définitivement d’Égypte et séjourne dans son immeuble acheté Boulevard Hausmann à Paris avant de se réinstaller dans sa ville natale. Il fut jusqu’à son décès en 1905 un ardent défenseur de la cause libérale. Il fait construire une salle, les Échos de la Gèthe, salle des réunions des instances locales du parti. Il contribue financièrement à la fondation de l’Hôpital auquel il donne le nom de sa mère Béatrix.


Hôpital Ste Béatrix
Coll. J. Tordoir

Il soutient également les écoles communales et le bureau de bienfaisance.

Revenu d’Égypte considérablement riche, il acquiert le Bois des Cailloux sur les bords de la Pisselote. C’est au centre de ce domaine que son château fut construit entre 1881 et 1882.
Celui-ci, construit par l’architecte Charles-Émile Janlet, reprend les caractéristiques de la Renaissance flamande : tours asymétriques, un jeu chromatique par l’utilisation de différents matériaux : pierre bleue, pierre de Gobertange, briques mais aussi une richesse de détails au niveau de la décoration intérieure.
De nombreuses photos témoignent du grand luxe correspondant au goût de la grande bourgeoisie de l’époque : tapis d’Orient, tapisseries gobelins, miroirs sur les cheminées, lustres à bras multiples, appliques murales alimentées au gaz, plafonds à caissons peints avec des boiseries moulurées…
L’approvisionnement en gaz est résolu par des fours destinés à la gazéification du charbon installés dans le jardin. Quant à l’eau, elle est pompée par une puissante machine hydraulique et envoyée vers un château d’eau situé dans le parc. Le château possède un confort exceptionnel pour la région et l’époque.
Le château est racheté par l’État après la seconde guerre mondiale. Il est aujourd’hui la propriété de la Communauté française qui procède à de petits travaux de rénovation.
Le coût de l’entretien du château et du parc est important et met en péril cette bâtisse du 19ème.

On peut espérer voir prochainement cette magnifique demeure regagner le lustre d’antan, celui imaginé par son propriétaire, un homme au destin romanesque.




Pour en savoir plus :

Bonjour de Jodoigne / Joseph Tordoir
Incourt : [S.n.], 1999
144 p. : ill., photos, dessins ; 21 cm
 
Le château des cailloux : Hector Defoër, Jodoigne / Marc Verdickt et Bernard Van den Driessche
Jodoigne : Jodoigne Passé-Présent, 1990
204 p. : ill., photos, plans ; 29 cm

Hector Defoër-Bey, Jodoigne, Alexandrie, Paris : la vie d'un "Nabab" (1832-1905) / Joseph Tordoir
Glimes : Rencontres, 2005
120 p. : ill., photos ; 30 cm

Le patrimoine moderne et contemporain de Wallonie de 1792 à 1958 / ouvrage réalisé sous la coordination de Gaëtane Warzée
Jambes : Ministère de la Région wallonne, 1999
424 p. : ill., photos, plans ; 31 cm. - (Division du patrimoine)

Le potentiel pour y créer de belles choses : le château des Cailloux, à Jodoigne, se cherche une destinée / Xavier Attout
Espace-vie ; nr. 214, septembre 2011, p. 7