mardi 9 décembre 2014

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 20 : la bataille de Ramillies, oubliée … et pourtant !

Un siècle (109 ans exactement) avant la bataille de Waterloo, quelle fut l’autre bataille décisive dans l’histoire de l’Europe sur nos terres brabançonnes ?

John Churchill, 1er duc de Marlborough
Source : Wikimedia Commons
Il y a 300 ans, c’est à Ramillies qu’eut lieu la première grande guerre européenne. Ce sera la 20ème étape de notre périple.   

Deux personnages clés s’y sont opposés : John Churchill, duc de Marlborough et François de Neufville, duc de Villeroi, commandant en chef de l’armée franco-bavaroise.

La bataille de Ramillies  est un des épisodes de la guerre de succession au trône d’Espagne. A la mort du roi d’Espagne, Louis XIV revendiqua la couronne et occupa les Pays-Bas du Sud (dont l’actuelle Belgique). Face à l’expansion française, les Pays-Bas du Nord (Provinces-Unies) s’allièrent à l’Angleterre et à des États allemands.

C’est ainsi que durant 5 heures s’affrontèrent, à Ramillies, les deux armées (plus de 120 000 hommes). Durant les premières heures, la bataille reste indécise. L’acharnement au combat se solde par de nombreuses pertes enregistrées. La bataille se termine par une panique générale et une retraite des troupes franco-bavaroises vers Louvain, dans un désordre indescriptible.

Pourtant Villeroi espérait piéger ses ennemis. Parvenu le premier sur les lieux, Villeroi vient installer son camp entre les deux Gette. Il dispose ses effectifs, son infanterie d’élite à hauteur d’Offus et de Ramillies et l’élite de sa cavalerie près du tumulus d’Hottomont.

Mais les conditions atmosphériques lui sont défavorables. En effet, Marlborough qui arrive dans la nuit apprend rapidement grâce à ses éclaireurs la proximité de l’adversaire. Le brouillard matinal lui permet cependant de répartir ses troupes sur la rive droite de la petite Gette sans être vu par l’ennemi. En bon tacticien, il fait des diversions à chaque extrémité du front et oblige ainsi l’adversaire à dégarnir le centre.
Il réalise alors l’exploit de déplacer, à l’insu de l’ennemi, une partie de sa cavalerie qui réussit à briser les lignes adverses et à contourner les troupes franco-bavaroises.
Le scénario improvisé par Marlborough aidé par les conditions climatiques permet à celui-ci une victoire éclatante.

 
Il resta environ 10.000 corps sur le terrain et l’abbaye de la Ramée transformée en hôpital de fortune, recueillit quelques blessés.

La victoire de Ramillies marqua pratiquement la fin de l’empire espagnol même si le conflit dura encore 6 ans jusqu’au traité d’Utrecht en 1713 mettant fin au conflit général. L’équilibre européen était rétabli.

Notre pays fut trop souvent le champ de bataille des grandes puissances. La Moyenne Belgique servit souvent de zone-tampon et on imagine bien la détresse vécue par nos ancêtres durant ce « siècle de malheur ». Trois batailles : Ramillies, Audenaerde et Malplaquet firent passer nos ancêtres du régime franco-espagnol à la domination autrichienne.

 
Sir Winston Léonard Spencer Churchill, le célèbre premier ministre  anglais  lors de la seconde guerre mondiale, est l’arrière-petit-neveu  de John Churchill, premier duc de Marlborough. Il consacra une trentaine de pages à la bataille de Ramillies dont l’issue, pour nos régions, signifia l’arrivée d’une période conséquente de paix.

Pour pérenniser le nom de cette victoire, il y a une rue à Londres, Ramillies Street, pas très loin de la Great Marlborough street. Cinq navires de la Royal Navy reçurent également  le nom de la célèbre bataille (même si cela ne leur porta pas chance).

Quant à la chanson populaire « Malbrough s’en va-t-en-guerre », elle a été composée après les nombreuses victoires de l’invincible Marlborough. Faute de pouvoir le vaincre, la chanson satirique fut peut-être un exutoire…

Napoléon avait beaucoup d’admiration pour le génie militaire de Marlborough, il s’imprégnait de ses manœuvres militaires.

 Victor Hugo y fait allusion dans les Misérables. La situation se situe après sa dernière victoire à Ligny, il se prépare à affronter Wellington sur le plateau de Mont-Saint-Jean :
« au moment où Wellington rétrograda, Napoléon tressaillit. Il vit subitement le plateau de Mont-Saint-Jean se dégarnir et le front de l’armée anglaise disparaître. Elle se ralliait, mais se dérobait. L’empereur se souleva à demi sur ses étriers. L’éclair de la victoire passa dans ses yeux. Wellington, acculé à la forêt de Soignes et détruit, c’était le terrassement de l’Angleterre par la France ; c’était Crécy, Poitiers, Malplaquet et Ramillies vengés.

Il y avait dans l’armée française un d’Artagnan. Ce n’est pas celui qui servit de modèle à Alexandre Dumas. Le d’Artagnan de Ramillies semble être son aïeul , Pierre de Montesquiou. Il était dans l’armée de Louis XIV où il s’est fait remarquer par ses qualités de stratège et ses exploits.

Le champ de bataille de Ramillies est, avec celui de Waterloo, un des sites militaires historiques majeurs de Belgique.

Plan de la bataille de Ramillies par P. Schenk
Coll. Tordoir


Pour en savoir plus :

 
La Bataille de Ramillies : réflexions sur les causes de la défaite française, commentaires de la rédaction / René Bouvier, Jean Destat
Chroniques des onze clochers de Ramillies , été 2002, p. 4-9

La bataille de Ramillies en quelques lignes / Jean Destat
Chroniques des onze clochers de Ramillies, été 2001, p. 24-26

La bataille de Ramillies vue par Sir Winston Churchill / A.H. Monette
Jadis ; nr. 26, 1998/2, p. 15-21

La bataille de Ramillies, 23 mai 1706 / Charles Dethier
Chroniques des onze clochers de Ramillies, été 1998, p. 15-18

La bataille de Ramillies. Dimanche de Pentecôte 23 mai 1706 : récit romancé / Michel de Saint-Hubert
Folklore brabançon ; nr. 273, mars 1992, p. 3-46

 Les batailles de Neerwinden et de Ramillies dans les Mémoires de Saint-Simon / A.H. Monette
Jadis ; nr. 33, 2002, p. 7-14

Le d'Artagnan de Ramillies : suite / Fernand Koekelberg
Chroniques des onze clochers de Ramillies, printemps 1999, p. 18-19

Le drapeau de 1706 : de Ramillies au Connemara via Ypres / P. Gusbin
Wavriensia racines ; Tome LXII,  nr. 6, novembre-décembre 2013, p. 242-274

En marge de la bataille de Ramillies : les soldats de métier / Jean Destat
Chroniques des onze clochers de Ramillies, été 1999, p. 23-24

Et si la bataille de Ramillies avait été gagnée grâce à la femme? / Jean-Louis Pecheux
Chroniques des onze clochers de Ramillies, hiver 1999-2000, p. 15-16

Les étonnantes survivances pacifiques consécutives à la bataille de Ramillies / Jean Destat
Chroniques des onze clochers de Ramillies,  printemps 2004, p. 7-8

Geest-Gérompont-Petit-Rosière : suite / Michel Bertrand
Souvenir perwézien ; nr. 48, décembre 1997, p. 6-13

Il y a 300 ans, le 23 mai 1706 : Ramillies ou la bataille oubliée  / Pierre Gusbin
Wavre : Cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie de Wavre et du Brabant wallon, 2006.
109 p. : ill., plans, dessins, photos ; (Wavriensia ; LV)

Il y a 300 ans, le 23 mai 1706 : Ramillies ou la bataille oubliée / Pierre Gusbin Wavriensia racines ; Tome LV, n° 1-2, 2006, 109p.

Le long chemin des rescapés de Ramillies à la Ramée. 01 / Eugène Delcorps
Chroniques des onze clochers de Ramillies, été 2003, p. 13-16

Le long chemin des rescapés de Ramillies à la Ramée. 02 / Eugène Delcorps
Chroniques des onze clochers de Ramillies, hiver 2003-2004, p. 6-9

Louis XIV face à l'Europe du Nord : l'importance de la bataille de Ramillies (mai 1706) / Thierry Bertrand
Echarp : bulletin de liaison ; nr. 38, 4e trimestre 2005, p. 12-13

Le quatrième mousquetaire à la bataille / F. Koekelberg
Chroniques des onze clochers de Ramillies, hiver 98-99, p. 25-27

Ramillies : quelques témoignages en marge de la bataille : misères du temps / Joseph Tordoir
Wavriensia racines ; Tome LVII, n° 3, mai-juin 2008, p. 119-126

Ramillies, la bataille du 23 mai 1706 : les pertes : suite / Pierre Gusbin
Wavriensia racines ; Tome LXII, nr. 6,  novembre-décembre 2013, p. 275-276

Un jour trop tôt? : Préliminaires d'une bataille / Jean Destat
Chroniques des onze clochers de Ramillies, Hiver 2002-2003, p. 4-7

mercredi 26 novembre 2014

L’"Espace 81" de la Bibliothèque centrale du Brabant Wallon sera fermé… !


Les fonds dialectal, "jeunesse", patrimonial et professionnel de la Bibliothèque publique centrale du Brabant Wallon (FWB) seront inaccessibles du

22 décembre 2014 au 2 janvier 2015 inclus

Nous vous souhaitons de belles et bonnes fêtes de fin d'année !

lundi 29 septembre 2014

Désiré-Joseph Mercier, un résistant brabançon

Pour le Cardinal Désiré-Joseph Mercier (1851-1926) l’amour de la  patrie est un devoir : la patrie est sacrée.

 
in Le Cardinal Mercier / Chanoine L. Noël
Le jour où le Cardinal Mercier a publié la lettre pastorale Patriotisme et Endurance, il est entré dans la grande lumière de l’histoire par un acte héroïque, grâce auquel son nom ne sortira plus de la mémoire des hommes.

Ce jour-là, en effet, devant un ennemi ivre d’orgueil et de brutalité, maître de son pays, maître de sa ville, de son palais, en face d’une armée de plusieurs centaines de mille hommes, tout seul il s’est dressé et il a parlé.

Il a osé déclarer que le premier devoir de tout citoyen belge, à l’heure présente, est la « reconnaissance envers l’armée nationale » qui a tenu tête à l’envahisseur.

Il a osé affirmer que, pour avoir résisté aux sommations de l’Allemagne et à ses sollicitations, « la Belgique a grandi » et que « son roi est, dans l’estime de tous, au sommet de l’échelle morale ».

Il a osé rappeler à l’Allemagne « qu’elle a violé son serment et que l’Angleterre est restée fidèle au sien »

Il a osé étaler sous les yeux des vainqueurs la liste impitoyablement détaillée, ville par ville, village par village, de leurs destructions et de leurs crimes et, mettant le sceau de sa parole d’évêque, faire savoir au monde que « des centaines d’innocents ont été fusillés. » […]

Dans cette introduction à l’ouvrage, Le Cardinal Mercier contre les Barbares : lettres, mandements, protestations du Primat de Belgique pendant l’occupation allemande, Mgr Baudrillart donne l’ampleur de la révolte et des convictions du Cardinal Mercier face à l’occupant allemand. Son unique arme est l’écriture.

Victoire de la vérité et du droit sur la force déchaînée.
Il a avec sa tranquille audace tenu tête à l’oppresseur et entretenu l’espoir au cœur du peuple belge.


Pour en savoir plus :

Le cardinal Mercier / Chanoine A. Simon
Bruxelles : Renaissance du livre, 1960
181 p. : ill., photo ; 19 cm (Notre passé)

Le cardinal Mercier : 1851-1926
Bruxelles : L. Desmet-Verteneuil impr., 1927
416 p., CCXXXII p. d'ill. : ill., dessins, photos ; 32 cm

Le Cardinal Mercier contre les Barbares : Lettres, mandements, protestations du Primat de Belgique pendant l'occupation allemande / Désiré-Joseph Mercier ; avec lettres-préface de S. Ém. le cardinal Amette et de M. De Broqueville et une introduction de Mgr. A. Baudrillart Paris : Bloud et Gay, 1917
127 p. ; 24 cm

Un évêque défenseur de la cité : lettres de S. E. le Cardinal Mercier au cours du martyre de la Belgique, 1914 - 1918 / Cardinal Mercier
Bruxelles : Action catholique, 1918
202 p. : ill., photo ; 20 cm


lundi 8 septembre 2014

Journées du patrimoine 2014 avec la Bibliothèque centrale du Brabant wallon




 
JOURNÉES DU PATRIMOINE
 
13 ET 14 SEPTEMBRE 2014
 
La Bibliothèque centrale du Brabant wallon s’associe au programme concocté par l’Office du tourisme de Nivelles pour illustrer le thème de cette année : 
 
« Lieux de mémoire : 14/18 – 40/45 » 
 
Nous avons choisi de commémorer la première guerre mondiale par la publication de deux livrets :
  • « La guerre 14-18 : témoignages en Brabant wallon », recueil de souvenirs émanant tantôt de documents officiels, tantôt d’écrits personnels d’habitants de notre province
  • « La guerre 14-18 dans la littérature dialectale » qui honore les écrivains wallons qui vécurent l’épreuve de cette guerre et l’évoquèrent dans leurs œuvres.
Les 13 et 14 septembre, nous ouvrirons les portes de notre espace patrimonial et dialectal afin de présenter les documents rares et précieux qui ont trait à la fois à ces deux publications, mais aussi aux lieux de mémoire mis en évidence dans les promenades guidées organisées par l’Office du tourisme.
Les deux livrets seront mis en vente à cette occasion au prix de 8 euros (les 2). 
 
Rendez-vous donc les 13 et 14 septembre de 10 à 18 heures au Waux-Hall (1er étage, Espace 81). 
 
Pour plus de renseignements concernant les promenades de l’Office du Tourisme, rendez-vous sur www.tourisme-nivelles.be.
 
 

mardi 26 août 2014

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 19 : Désiré-Joseph d’Orbaix de Thorembais-les-Béguines (Perwez)

Nous allons rendre hommage lors de cette 19ème étape à un poète de Thorembais-les-Béguines, Désiré-Joseph d’Orbaix, véritable chantre de la campagne thorembaisienne.

C’est à l’école communale, érigée à la place de l’ancien béguinage, qu’est né en 1889 Désiré Debouck, fils de Florian Debouck, maître d’école à Thorembais-les-Béguines et de Marie-Adèle Theys, originaire du village voisin d’Orbais.


Plaque à l'école de Thorembais-les-Béguines rappelant la naissance du poète
 dans l'immeuble, remplacée en 2013
Souvenir perwézien, 112
Il devient instituteur comme son père avant de faire une brève carrière dans le journalisme : un an à Paris au « Matin » et à « l’Intransigeant », ensuite à Bruxelles au « Soir » avant de fonder une revue « la Bataille littéraire » qu’il dirigea avec Alex Pasquier.

Il réintègre ensuite l’enseignement où il fut promu inspecteur.

Mais Désiré Debouck sous le pseudonyme de Désiré-Joseph d’Orbaix fut également un poète, romancier, conteur reconnu au-delà de sa région et publié dans neuf éditions différentes.       

Il s’est fait connaître par Le Don du Maître (1922) où il évoque la grandeur et les souffrances d’un enseignant. C’est cette année là qu’il prend son nom de plume. L’auteur publie ensuite Le temps des coquelicots, La campagne enchantée, Ciels perdus, Le village envolé, Les complaintes de l’absence, Le cœur imaginaire… Il mélange les genres littéraires : contes, nouvelles, romans et poèmes.

 

Ses poèmes sont des hymnes à la nature où l’ amour pour la Hesbaye de sa jeunesse transparaît. Son pseudonyme « d’Orbaix » n’est pas innocent.

Laissons la parole au poète :

Près des ruisseaux du jour, la nuit verte des prés
J’ai retrouvé mon beau jardin de Pentecôte,
Et la branche allumant un feuillage où tressaute
Le feu dont l’oiseau fait son refrain diapré
[…]
Je suis tranquille, ici, de ce que je célèbre :
Si je meurs, qu’on me jette à ces terreaux d’été !
Des jours rayés d’épis germent dans leurs ténèbres,
Ma voix rejaillira du sol qu’elle a chanté

Extrait du poème Village envolé où l’auteur fait allusion à sa jeunesse, au climat, aux événements du village.

Dans les contes Le cœur bleu et La Hesbaye, l’écrivain localise plus précisément paysages et personnages de la Hesbaye. Un des lieux dits de Thorembais-les-Béguines est cité :     

 ….la fermette près du ruisseau, au hameau de Rivaupont….

 Un soir que la glèbe m’aura fait signe, je reviendrai des villes immondes vers mon village inoublié. Je vous évoquerai de nouveau, Ô mes aïeux de Hesbaye !....

Dans Le cœur imaginaire  on assiste à la vie d’un village : Thorembais-les-Bégines.

…. Le soir, les paysans s’assemblent de l’autre côté de ma gloriette, au pied du mur. Je distingue la voix perçante d’Elie, le rire de Séha-le-bourrelier, le sifflet de Milaire surnommé le petit Delhaize. Bien loin d’eux, on entend le rossignol qui commence, quand la lune glisse derrière les branches de Longpré. […]

C’est ici une chronique villageoise où le lecteur partage la vie quotidienne des gens de Thorembais.

 […] Le pays est riche en couleurs, entre les grands horizons bleus, de mars à juin courent des frissons verts à l’infini : bientôt les lins ont du ciel plein les yeux, les trèfles saignent par leurs cœurs écarlates, les betteraves luisent comme un métal poli sous la lumière ; et quand les moissons jaunissent, criblées de bleuets, de nielles et de coquelicots, on dirait que tout le soleil est tombé en poudre d’or sur la terre…[…]

Dans Le temps des coquelicots, l’auteur décrit avec éclat sa région tant aimée.


D.-J. d’Orbaix est parti trop jeune, à Uccle en1943 à l’âge de 54 ans.

Il a obtenu pour son œuvre littéraire 2 fois le prix de la province du Brabant , le prix de la commune d’Uccle pour Ciels perdus et le prix d’Edgar Poe pour Les complaintes de l’absence.

 

Pour en savoir plus :

A la découverte de l'entité de Perwez / C. Delooz
Lonzée : Delooz C., 2001
154 p. : ill., photos ; 30 cm

La campagne enchantée / D.-J. d' Orbaix ; dessins de Jean-Marie Bertrand
Bruxelles : Éditions Schola, 1934
160 p. : ill. ; 24 cm

Cloche interdite : poèmes / D. J. d'Orbaix
Bruxelles : Éditions des Artistes, 1935
2ème éd. - 97 p. ; 22 cm

Contes et nouvelles / D.-J. d' Orbaix ; dessins de Jean-Marie Bertrand
Bruxelles : Éditions Schola, 1934
159 p. : ill. ; 25 cm

Les deux Thorembais (Perwez) : la Hesbaye et la guerre de 200 ans entre le Brabant et Liège / Joseph Delmelle
Bruxelles : Oyez, 1976
208 p., [52] p. d'ill. : ill., photos ; 24 cm

Le don du maître / D.-J. d' Orbaix
Paris : Monde nouveau, 1922
7ème éd. - 235 p. ; 19 cm

Poésie de Thorembais-Les-Béguines / Joseph Delmelle
Brabant ; nr. 1, 1966, p. 27-31

Le temps des coquelicots : roman / D.J. D'Orbaix
Paris : Monde nouveau, 1926
189 p. ; 19 cm

lundi 4 août 2014

La guerre 14-18 : Témoignages en Brabant wallon



Invasion de la Belgique par les Allemands ce 4 août 1914 !

 
           Mais qu’en est-il en Brabant wallon ?



La Guerre 14-18 : Témoignages en Brabant wallon


 


 
 
 
 
 
 
 
 

 

lundi 14 juillet 2014

La guerre 14-18 : Témoignages en Brabant wallon

La Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon (FWB) a publié, dans le cadre du 100e anniversaire de la 1ère guerre mondiale, un ouvrage inédit!

Celui-ci est disponible au fonds patrimonial.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 7 juillet 2014

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 18 : Arnoul Ier de Limal et la Tour de Moriensart (Céroux-Mousty)

Céroux-Mousty (Ottignies-Louvain-la-Neuve) et plus particulièrement la Tour de Moriensart  est la 18e étape de notre balade historique et pittoresque dans le Brabant wallon.

Pourquoi s’arrête-t-on devant cette tour construite au XIIIe siècle à la limite du Duché de Brabant ?     
 
Tour de Moriensart
Source : Okgni
 
Elle est située au sud-ouest du village sur un vaste plateau cerné de bois que la tour domine de loin. C’est une lourde et belle tour carrée de style roman tardif.

M. Wauters, dans son histoire du duc Jean 1er, parle d’elle comme d’un géant dominant toute la plaine d’alentour. Elle constitue un des rares spécimens encore subsistants de l’imposante architecture civile et militaire du XIIIe siècle.

Elle est construite en pierres calcaires blanchâtres auxquelles se mêlent des éléments de grès ferrugineux sur les 3 étages inférieurs, le quatrième étage avec un toit pyramidal à quatre pans, ses pignons à gradins et ses tourelles de forme octogonale est beaucoup plus récent, datant probablement du XVIIe siècle. Chaque face a des ouvertures et prouve que le donjon était isolé au moyen-âge comme sur la gravure d’Harrewijn en 1705.
 
Gravure d'Harrewijn
Source : Okgni
Le commanditaire de la Tour de Moriensart serait Arnoul Ier de Limal dit Moreau, Morel, Moriel ou Morial, chevalier, seigneur de Moriensart et de Limal en partie, tige de la branche de Moriensart. 
 
Son influence fut prépondérante au sein du duché de Brabant. Il exerça de 1221 à 1229 la charge de bailli de Nivelles et intervint dans plusieurs chartes ducales et abbatiales.

Source : Okgni
Le sobriquet Morel, Moreau ou Moriaux serait à l’origine du toponyme Moriensart qui renvoie à la pratique de l’essartage ou défrichage de terres incultes en vue de leur exploitation. C’est vers 1217 que la famille de Limal apparaît divisée en deux branches, les Limal-Rixensart et les Limal-Moriensart. La Seigneurie de Moriensart est alors créée.

Le donjon de Moriensart est plutôt une maison forte qui avait un rôle d’habitat mais aussi de défense et de refuge pour la population. Elle est également un signal, un modèle d’affirmation sociale qui décline l’état privilégié de ses occupants issus de la noblesse ou de la chevalerie. (Le morcellement seigneurial de Céroux-Mousty / Sébastien De Bock et Cécile Lucas)

Au XVIIe, des bâtiments formant une basse-cour non fermée sont déjà présents, détruits par un incendie au XVIIIe et reconstruits fin du siècle.
 
 

Au XIXe, la ferme reconstruite est de type hesbignon. Ferme carrée, typique du XVIIIe siècle, elle s’ordonne autour d’une vaste cour.

Le corps du logis, les écuries, étables et autres dépendances s’étendent en quadrilatère au pied du donjon. Vers 1860, avec ses 112 hectares, la ferme seigneuriale tient la première place dans le paysage agricole de Céroux-Mousty.

Celle-ci fut exploitée par des fermiers locataires durant les 19e et 20e siècles liés par des baux à ferme et ce jusque 1966.
 
 
 
 

Quant à la tour, depuis Arnoul Ier, elle passa dans de nombreuses mains. En 1511, le donjon devient la propriété de la famille Ferry et ensuite des Le Vasseur. Au début du 17e, c’est don Pedro Coloma, seigneur de Bodilla en Espagne qui en est le propriétaire. Son fils Pedro réunifia en 1657 tout le domaine de Moriensart. Les Coloma se succédèrent jusqu’en 1795. À partir de cette date c’est la famille van der Dilft de Borchvliet qui reprend le domaine jusque 1947. La tour va alors connaître une nouvelle vie, une annexe est rajoutée pour la doter de nouvelles surfaces habitables mais aussi pour créer une entrée plus noble « côté jardins ». Mais la tour n’est alors habitée que lors des périodes de chasse. En 1947, le Baron Jean Gericke d’Herwijnen devient propriétaire de Moriensart. De nouveaux travaux sont alors entrepris et vont alors donner à la tour et à son annexe l’aspect qu’elles présentent encore aujourd’hui. La ferme et sa tour sont encore aujourd’hui leur propriété.

Dans les années 80, Alain Gericke reconvertit une partie de la ferme en salles de réception et diversifie ses activités. Encore aujourd’hui il continue à veiller « au grain » pour maintenir Moriensart « au top ». L’agriculture n’est pas en reste, elle se poursuit sous la houlette du baron Jean-Evrard Gericke d’Herwijnen.

Le cadre rural du plateau de Céroux a été préservé grâce à la pérennisation de l’ancien domaine foncier de la seigneurie de Moriensart.

Un peu à l’écart de Céroux, Moriensart mérite le détour. Cette tour, témoin historique de notre région, est à l’heure actuelle une des seules demeures privées habitées du type.

Le donjon est classé comme monument, en raison de sa valeur historique et archéologique, au patrimoine majeur de Wallonie.

En 1956, Hergé ne fut pas insensible à son charme suranné et à sa valeur patrimoniale.
 
 

 
Pour en savoir plus :

 
Églises, châteaux, paysages brabançons à la charnière des XIXe et XXe siècles. 03 / Gladys Guyot
Brabant ; nr. 2, mai 1988, p. 36-41

Le morcellement seigneurial de Céroux-Mousty : une histoire des institutions, des bâtiments et des hommes. 03, Le village de Céroux / Sébastien De Bock et Cécile Lucas
Okgni ; nr. 59, mars 2012, p. 3-17

Le morcellement seigneurial de Céroux-Mousty : une histoire des institutions, des bâtiments et des hommes. 04, Le village de Céroux : suite / Sébastien De Bock et Cécile Lucas
Okgni ; nr. 60, juin 2012, p. 3-13

Le morcellement seigneurial de Céroux-Mousty : une histoire des institutions, des bâtiments et des hommes. 06, Le village de Céroux / Sébastien De Bock et Cécile Lucas
Okgni ; nr. 62, décembre 2012, p. 3-22

Les sires de Limal : étude sur une famille noble du Brabant wallon à l'époque féodale / Victor Tahon
Annales de la Société archéologique de l'arrondissement de Nivelles ; nr. tome V, 1895, p. 1-64

La Tour de Moriensart / Jean Cette
Brabant ; nr. 11, novembre 1963, p. 32-34

 

Sites :

 

http://www.moriensart.be/

mardi 20 mai 2014

Les figures illustres du Brabant wallon. Épisode 17 : Pierre Colon (18e siècle) et les grottes de Folx-les-Caves (Orp-Jauche)

La 17e étape va nous conduire dans les entrailles d’un petit village de l’entité d’Orp-Jauche, à l’est du Brabant wallon : Folx-les-Caves. Le petit village de Folx dans le vallon de la Petite Gette est célèbre par ses souterrains, nommés couramment caves ou  Grottes, datant de plusieurs siècles. Ceux-ci s’étendent sur plus ou moins 6 hectares et descendent jusqu’à 18 m de profondeur.

Grottes de Folx-les-Caves (Wikipédia)

Plusieurs hypothèses existent à propos de leurs origines. Ces souterrains sont anciens puisque le village en tire son nom. Certains prétendent qu’ils datent de la préhistoire mais cette théorie ne s’appuie sur aucun indice. On ignore par qui et pourquoi ils ont été creusés mais ce qui est sûr c’est qu’on en a extrait de la marne pour amender les terres agricoles d’une part et que l’on y a également exploité des couches de grès jusque fin du 19e siècle. Certaines traces de coups de pic donnés par les mineurs sont encore visibles sur les parois de la mine. On prétend également que les caves auraient servis de refuge aux populations pendant les guerres de religion. De même, pendant la Terreur, des religieux s’y sont réfugiés.

Un ruisselet souterrain parcourt quelques dizaines de mètres avant d’aller se jeter dans la Petite Gette. On raconte qu’un canard y fut lâché et retrouvé dans le puits dépendant du presbytère de Jandrain.
En 1914, un officier belge poursuivi par les Ulhans y trouva refuge une dizaine de jours.

Les histoires à propos des Caves de Folx sont nombreuses mais il y a une qui retient notre attention, celle du célèbre Brigand Colon.
Statue de Pierre Colon (Wikipédia)

 

Vers 1750, un habitant de Folx-les-Caves, Pierre Colon,  avait sa maison près du bois des Caves aujourd’hui disparu. Un puits creusé dans sa cave communiquait avec les souterrains dans lesquels il descendait à l’aide d’une échelle de cordes. Les riches marchands, notamment de chevaux pour l’armée, passant par le bois ou du côté de la « chaussée romaine » furent très souvent la proie de notre brigand. Pierre Colon, se réfugiait alors dans les grottes et était ravitaillé par sa femme. Bien des tentatives faites pour l’appréhender restèrent longtemps vaines. Il fut un jour emprisonné dans la prison du château de Jauche mais il s’en échappa déclarant au châtelain qu’il lui faudrait un meilleur pigeonnier pour élever des pigeons (colon en wallon).

Il continua sa vie aventureuse pendant plusieurs années, se réfugiant dans le labyrinthe des souterrains. Il fut pris au piège, à table, avec tous les siens. Il fut pendu sur les lieux de ses méfaits.

Pierre Colon était bon prince, il secourait la veuve et l’orphelin. Il bénéficia dès lors de la sympathie des villageois pour sa générosité et son ingéniosité. Le rapprochement est facile, n’était-ce pas notre « Robin des Bois » local ?

La « fête à Colon » organisée depuis 1988, anime Folx-les-Caves le premier week-end d’octobre.
 

Pendant longtemps les grottes ont servi d’entrepôt au matériel agricole.  A la fin du XIXe siècle, elle devint une champignonnière exploitée de père en fils jusqu’en 1975. En 1948, on produisait encore 180 kg de champignons par jour. La Confrérie des champignons de Folx-les-Caves créée en 1985 promotionne les champignons farcis. Elle organise son chapitre dans les grottes de Folx-les-Caves chaque dernier samedi du mois de juin.

Le site est maintenant devenu un gîte d’hivernage pour les chauves-souris. Le site classé fait partie du réseau Natura 2000.

En conclusion, nous dirons que les Grottes de Folx-les-Caves sont les seules grottes du Brabant wallon et qu’elles valent le détour lors d’une petite escapade touristique.

 

 
Pour en savoir plus :

 
Le brigand Colon des caves de Folx / Edm. Bourguignon
Folklore brabançon ; nr. 40, février 1928, p. 244-253

Extrait du guide fidèle : "Foux" (Folx les Caves)
Au fil du temps ; nr. 2, 2002, p. 23

Histoire des souterrains de Folx-les-Caves / Désiré Racour
Namur : J. Godenne impr., 1909

 
Sites :



vendredi 18 avril 2014

Folklore : les géants en Wallonie et plus particulièrement en Brabant wallon


Nous avons cherché pour vous :


Folklore brabançon n°224

 


                                                 Les géants

Cheval légendaire : Bayard à Nivelles / Sylvianne Beeckaert ; illustrations de Willy Beeckaert [S. l.] : [S.n.], [S.d.]

Contribution à l'histoire de la ville de Nivelles / R. Hanon de Louvet
Bruxelles : Duculot, 1948
 
La fête des géants bruxellois / Raymond Halconruy
Brabant ; nr. 3, juin 1984, p. 10-17

Les géants d'Ath / Marcel Van Haudenard
Folklore brabançon ; nr. 40, février 1928, p. 228-243

Les géants de Nivelles / Paul Collet
Folklore brabançon ; nr. 31-32, août-octobre 1926, p. 190-194

Les géants de Nivelles / Franz Dewandelaer
Rif tout dju ; nr. 468, janvier-février 2008, p. 55-56

Les géants de Nivelles : à l'exposition du 50ème anniversaire de Goliath à Ath / Jean-Pierre Ducastelle
Rif tout dju ; nr. 252, décembre 1981, p. 15-16

Géants de Wallonie / René Meurant
Bruxelles : Duculot, 1975
(Wallonie, art et histoire ; 29)

Les géants du Brabant / par Robert Desart ; préface de Louis Quievreux
Bruxelles : Avondstond impr., [S.d.]

Les géants du Brabant wallon / Jules Vandereuse et René Meurant
Bruxelles : Commission royale belge de folklore, 1961

Les géants et la ménagerie de Nivelles / Jacques Davoine
Brabant wallon tourisme ; nr. 4, décembre 1997, p. 3-5

Géants et marionnettes du Brabant. 01 / Marc Bastaits
Folklore brabançon ; nr. 224, décembre 1979, p. 345-409

Géants et marionnettes du Brabant. 02 / Marc Bastaits
Folklore brabançon ; nr. 225, mars 1980, p. 11-63

Géants et traditions populaires / Jacques Willemart
Rif tout dju ; nr. 186, février 1975, p. 5-8

Les géants nivellois et leur ménagerie / Jean Detournay
Rif tout dju ; nr. 413, février-mars 2000, p. 4-7

Les géants ont retrouvé la licorne / André Delestienne
Rif tout dju ; nr. 255, avril 1982

Géants processionnels et de cortège en Europe, en Belgique, en Wallonie / René Meurant Bruxelles : Ministère de la Communauté française, 1979
(Folklore et art populaire de Wallonie ; VI)

Lolo, petit polisson?
Rif tout dju ; nr. 440, juillet-août 2003, p. 18

Nivelles et son entité : essai de bibliographie portant sur la période 1968-1985 / Georges Lecocq
Annales de la Société d'Archéologie de Nivelles ; nr. Tome XXVI, 1989, p. 168-184

Quand la licorne retrouve le chameau
Rif tout dju ; nr. 263, avril 1983, p. 21

Thibaut, le plus grand des secouristes / Sandrine Mathen
Okgni ; nr. 53, septembre 2010, p. 18-19

Une nouvelle robe pour le lolo
Rif tout dju ; nr. 253, janvier-février 1982, p. 25-26


Folklore brabançon n°224