mardi 18 février 2014

Notre second Nivellois est également un médecin, un homme hors norme, un homme de bien.

François Le Bon (1807-1900) a, en effet, œuvré toute sa vie pour le bien d’un grand nombre de Nivellois.


Extrait des Annales
de la Société
Brillant médecin, chirurgien et accoucheur depuis 1831, il suivit une année de spécialisation à Paris. Il s’y trouvait durant une épidémie de choléra et soigna les cholériques tant à domicile qu’à l’Hôtel-Dieu. Il comprit rapidement que c’était la maladie de la misère, de la pauvreté avec son cortège de maux : manque d’hygiène, malnutrition …. et que les premières victimes étaient les enfants.
Le docteur Le Bon est conscient de la nécessité d’une bonne hygiène corporelle et d’habitats sains pour enrayer les ravages de la maladie.

C’est ainsi qu’il travailla avec beaucoup d’énergie à améliorer la situation des défavorisés nivellois et tout particulièrement des enfants. Il exigea ainsi l’assainissement des maisons ouvrières, la création de crèches d’accueil pour les enfants des travailleurs. Il se préoccupa également de l’enseignement et de l’éducation en prenant l’initiative, entre autres,  d’ériger rue Bléval une école gardienne.
 
Ecole gardienne, rue Bléval
 

Il fut également attentif à l’accès des travailleurs à la propriété, aux soins donnés aux indigents malades. Il fut l’investigateur de la construction d’un bassin de natation, d’une académie de dessin, d’une bibliothèque populaire, de la mise à disposition de petits jardins aux ouvriers….

Il fut un membre actif de la Commission de la salubrité publique de la ville mais aussi du bureau de Bienfaisance (ancêtre du CPAS).
 
 
 
 
 

Ce fut un combat de toute une vie, imposer à sa ville, et ce malgré l’hostilité de certains de ses concitoyens, une politique de salubrité publique et une économie charitable.

 
« Il resta, jusqu’à l’extrême vieillesse, un solide marcheur, résistant et sobre. J’ai fait avec lui de longues et nombreuses promenades […] au cours desquelles il me contait, à propos de tout ce que nous rencontrions, gens et choses, mille souvenirs, qu’une mémoire fidèle rendait précis et vivants.

C’était surtout dans les rues de notre vieux Nivelles qu’on apprenait de lui maint détail intéressant : à chaque pas il s’arrêtait, vacillant un peu, et la canne levée vers quelque pignon, il évoquait une ancienne physionomie locale et narrait un petit trait d’histoire… ou de mœurs, qui le secouait parfois d’un rire communicatif. […]’ G. Willame (1901)

 
Un autre aspect du Docteur Le Bon nous apparaît ici, son amour pour l’histoire et
l’archéologie. Il s’intéressait aux âges de la pierre et des métaux et c’est avec l’aide avisée de son collègue, le docteur Norbert Cloquet et d’autres personnalités nivelloises, qu’il fonda la Société archéologique de l’arrondissement de Nivelles.

Les objets préhistoriques et protohistoriques sont nombreux dans la région et constituent un début de collection. Le Docteur Cloquet fut à l’origine des premiers objets gallo-romains trouvés à Arquennes dans une « villa » occupée durant les premiers siècles de notre ère. Quant au Docteur Le Bon, il étudia minutieusement les fortifications et les sièges subis par la ville et écrivit à ce propos un article dans les Annales de la Société (Tome IV). Il s’intéressa également aux vieilles enseignes et maisons de Nivelles.

La défense du monument Tinctoris fut un de ses chevaux de bataille. (La population nivelloise était alors divisée entre les conservateurs, sûrs des origines nivelloises de Tinctoris , et les libéraux, railleurs et sceptiques).
Il fut également un des initiateurs, à la mort du Docteur Seutin, du projet d’un monument à sa mémoire. Pourquoi le docteur Le Bon n’eut-il pas le sien ?

Il existe juste une rue à son nom où les douze premières habitations ouvrières furent construites.

 

 
Pour en savoir plus :

 
L'ancien Serment des Arbalétriers de Nivelles et ses statuts / F. Le Bon
Nivelles : Librairie de Ch. Guignardé, 1886
28 p. ; 24 cm

 
Choléra et construction / Émile de Lalieux
Rif tout dju ; nr. 412  (décembre 1999), p. 9-12

 
Le docteur François Le Bon / Jean Detournay
Rif tout dju ; nr. 412  (décembre 1999), p. 3-8

 
L'école gardienne Louise-Marie / Émile de Lalieux
Rif tout dju ; nr. 412  (décembre 1999), p. 13-15

 
François Le Bon : 1807-1900 / Textes réalisés par Christian Vanderborght
Nivelles : Société royale d'archéologie, d'histoire et de folklore de Nivelles et du Brabant wallon, 2000
15 p. : ill. ; 21 cm

 
François Le Bon : 1807-1900 / G. Willame
Nivelles : Ch. Guignardé, 1901
24 p., [3] f. d'ill. : ill., photos ; 22 cm

 
François Le Bon, premier président de la Société archéologique / Jacqueline Cession-Louppe
Bulletin de la San ; nr. 129  (mai-juin 2000)

 
Manifestation du dimanche 29 septembre 1907 en l'honneur du docteur François Lebon et de l'abbé Michel Renard
Nivelles : Despret frères impr., 1908
27 p. ; 24 cm

 
Mon dernier plaidoyer en faveur de mes concitoyens pauvres / F. Le Bon
Nivelles : Despret frères impr., 1898
23 p. ; 23 cm

 
Nivelles : ses fortifications et les sièges que cette ville a soutenus / docteur F. Le Bon
Nivelles : [S.n.], [189?]
261-352, 65-79 p., [6] f. d'ill. : ill., plans, dessins ; 26 cm

 
Nos vieilles enseignes,  nos vieilles maisons / F. Le Bon
Nivelles : Guignardé, 1897
56 p., [4] p. d'ill. : ill., photos ; 26 cm

 
Spécial quartier de Burlet
Rif tout dju ; nr. 503  (décembre 2012), p. 1-43