lundi 21 septembre 2015

Waterloo 1815 : intarissable source d'inspiration. 05


La voiture de Napoléon :


Le destin de Napoléon bascule le 18 juin 1815.

L’histoire de sa berline « dormeuse »  illustre la défaite qui marqua à

jamais l’avenir des nations européennes.

 

La voiture de Napoléon prise à Genappe par les Prussiens portait les armoiries impériales sur les portières. Elle avait été construite à Bruxelles sur l’ordre de Marie-Louise. La caisse était de couleur bleu foncé et les roues étaient peintes en rouge et ornementées, les panneaux étaient à l’épreuve des balles. Une voiture où Napoléon se réfugiait pour prendre du repos mais aussi pour penser au déroulement des futures batailles. La voiture de Napoléon était réellement son quartier général et aussi son étrange palais.

 Le soir du 18 juin elle était parquée près de la Belle-Alliance, à proximité des combats et non pas au quartier-général du Caillou. Voici ce que le premier valet de chambre de Napoléon aurait dit :

« La voiture de l’Empereur était sur le champ de bataille, elle ne me donnait point d’inquiétude bien qu’elle contînt une forte somme en or, le collier de la princesse Pauline et les diamants, remis par le prince Joseph, la nuit du départ de Paris. […] »

 

 C’est ainsi que Napoléon ne la trouvant pas, voulut prendre un autre landau de sa cour. Bien vite, il fut arrêté par le chaos provoqué par la déroute de ses troupes et mit beaucoup de temps pour s’approcher de la Dyle dont le pont était obstrué par un désordre de voitures et de pièces d’artillerie entremêlées.

Napoléon, malgré sa fatigue, bondit alors sur un cheval et avec quelques fidèles parvint à faire un détour dans l’agglomération pour fuir, par un chemin de terre, et passer la rivière un peu plus loin.

Charles de Flahaut (aïeul d’André Flahaut), fils naturel de Talleyrand, aide de camp dévoué de Napoléon malgré cette parenté, racontait souvent comment il chemina à côté de lui, le soutenant, toute la nuit, et avait chevauché « genou à genou avec l’Empereur ».

 Ils rejoignirent les Quatre-Bras pour poursuivre ensuite vers Charleroi et Philippeville où ils arrivèrent vers 9 heures du matin.

 La légende raconte qu’il échappa de justesse à la capture à Genappe, par les Prussiens, en fuyant de sa berline par la porte de gauche alors qu’un soldat prussien pénétrait par la droite.

La capture de la berline de l’Empereur, à Genappe, à proximité du pont de la Dyle, arrêta un moment l’élan de la poursuite prussienne.

C’est le baron von Keller qui s’en empara.

L’inventaire des objets trouvés dans celle-ci est impressionnant : l’épée,  son chapeau, un manteau, une parure en diamants (dans un coffret ou dans la doublure du manteau) une longue vue, une boîte de toilette renfermant une soixantaine d’articles, la plupart en or, et deux mille napoléons. Il y avait également quelques vivres, des objets de table en argent, un chronomètre en cuivre, une épingle avec diamants, et quelques effets personnels.

 
C’est à travers « L’Oracle », organe qui paraissait à Bruxelles à l’époque, que nous allons tenter de suivre les tribulations de la berline « dormeuse » de Napoléon.

 « Liège, le 24 juin

Hier, dans la soirée, une foule nombreuse s’est portée à l’hôtel de l’Aigle-Noir, pour y aller voir la voiture de Bonaparte, qu’un officier prussien conduisait à Berlin. Cette voiture dans laquelle se trouvait l’usurpateur a été prise dans la nuit du 18 au 19 juin, par un détachement d’infanterie du 15e régiment de Silésie, commandé par le lieutenant de Lindenhoff. Bonaparte n’eut que le temps de sauter dehors et parvint à s’évader à travers les chariots et les canons dont la route était encombrée. Cette seule circonstance d’un chef d’armée sur le point d’être pris dans sa voiture par de l’infanterie ennemie, donne la juste mesure de la déroute des Français »






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire