jeudi 1 octobre 2015

Waterloo 1815 : intarrissable source d'inspiration. 06


Dès le 23 juin, elle est bien à Liège où on peut la visiter à raison de 50 centimes par personne.


Le 1er juillet 1815, le « Journal de la Belgique » publiait :


« Aix-la-Chapelle, 25 juin
La voiture de campagne de Bonaparte, prise dans la nuit du 18 au 19 juin par un détachement du 15e régiment de Silésie, a été amené avant-hier en cette ville et exposée aux regards du public, qui s’est porté en foule pour l’examiner. Cette voiture, ou plutôt cette tente volante, contenait tous les objets nécessaires au général français et l’abandon qu’il en a dû faire peut donner une idée exacte de la déroute de son armée. »

 

« L’oracle » du 6 juillet :

« La voiture de voyage de Bonaparte, que le major prussien de Keller a prise est arrivée à Dusseldorf. Cette voiture est garnie de différents services en or massif, on l’évalue à 250.000 frs. »

 

L’officier prussien, Heinrich Eugen von Keller aurait, en effet, envoyé la berline vers son domicile à Dusseldorf. Mais celui-ci aurait également saisi une 2e voiture abandonnée par l’Empereur à Vieux-Genappe qu’il présenta à Blücher, en omettant de lui parler de la 1e prise.

 

« Journal de la Belgique » du 26 octobre :

« On mande de Calais, le 19 octobre : la voiture de Bonaparte, prise à Waterloo est arrivée ici : elle est échue à Lord Wellington.

Deux jours plus tard :

L’officier prussien qui a pris la voiture et les chevaux de Bonaparte, après la bataille de Waterloo, est arrivé hier à Douvres, avec eux sur le paquebot le Chichester. Il a l’intention d’en faire hommage au Prince Régent, d’autres disent au duc de Wellington. »

 

En réalité le baron von Keller offrit la berline au prince Régent qui s’empressa de la vendre pour la somme de 2500 livres sterling à un sieur Bullock, excellent homme d’affaire. Il l’exposa à Egyptian Hall, à Piccadilly. Huit cent mille personnes payèrent pour la voir.

 


En juin 1815, un voyageur français écrivait à propos de cette exposition :

« On se porte en foule à Picadilly. C’est là que se trouve maintenant la voiture de campagne de Bonaparte, prise à Waterloo. Les armes, les bijoux, la vaisselle, les nécessaires, les vêtements qu’elle contenait sont renfermés dans des armoires vitrées comme des pièces d’histoire naturelle, qui , certainement, sont fort singulières. L’intérieur de la voiture est aussi complet qu’on puisse l’imaginer et disposé avec beaucoup d’art ; il y a bureau, tiroir, buffet, lit, bibliothèque, lanternes, etc. ; et les panneaux sont à l’épreuve des balles. Tu ne peux te figurer quel est l’empressement des Anglais à examiner cette voiture ; c’était une procession sans fin : hommes, femmes, enfants, montent par une portière, posent un instant sur le siège du fond, et descendent par l’autre portière, en se regardant alors avec un air de satisfaction. Le produit doit être immense, mais il semble bien extraordinaire que le gouvernement permette une spéculation de ce genre. »       (Crapelet. Souvenir de Londres en 1814 et 1816)

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