mardi 21 juin 2016

Waterloo 1815 : intarissable source d'inspiration. 09


Lucien Laudy écrit ceci :
« La butte de terre du lion de Waterloo fut érigée en deux ans, de 1824 à 1826. Elle mesure 40.50 m de haut et 520 m de circonférence à sa base, soit un volume de plus de 290.000 mètres cube de terre… Le lion, du poids de 28.000 kilos est en fonte de fer et non point coulé à l’aide du bronze des canons français comme on le rapportait par erreur. Il sort des ateliers Cockerill de Seraing… il repose sur un piédestal en pierre bleue élevé sur une colonne de maçonnerie qui descend jusqu’à la base de la butte. Sur ce piédestal on lit : XVIII JUNI MDCCCXV. La butte du Lion est un monument néerlandais… »



On raconte que ce sont des botteresses liégeoises, recrutées par John Cockerill, qui transportèrent, hotte par hotte, toute la terre provenant des talus du chemin creux d’Ohain. Il semble cependant  qu’on n’ait trouvé aucune trace de leur séjour dans la région. Y a-t-il eu une présence féminine  sur ce chantier titanesque ?


 


Un écrivain français, Saintine, venu à Waterloo avant 1830 déclarait  froidement à propos de la butte:

« Il entra comme matériaux dans la butte cent mille charretées de terre et dix mille cadavres ! ».

Or si l’architecte de la butte s’inspira bien des tumuli des civilisations anciennes qui contenaient bien des corps humains, les victimes de Waterloo furent quant à elles, emmenées dans les cimetières voisins ou brûlées sur place.

Lors de travaux sur le champ de bataille en 2012, on a retrouvé le squelette d’un soldat allemand, d’une unité hanovrienne, alliée aux Britanniques.

Mais la question de vandalisme et de sacrilège se pose. Vandalisme pour l’extraction de terre à un endroit célèbre du champ de bataille et par conséquent de la défiguration du site, sacrilège parce que ce fut le champ d’honneur où tombèrent de nombreux soldats venus défendre un idéal.

 

Quant au lion, coulé dans les ateliers de Cockerill à Seraing, il est en fonte de fer. La statue est creuse en neuf morceaux assemblés et pèse 28 tonnes, mesure 4.50 en hauteur comme en longueur. Il repose sur trois pattes, la quatrième s’appuie sur le globe terrestre à moins que ce ne soit un boulet de canon… polémique qui soulève diverses thèses : symbole de victoire et de paix pour l’Europe ou un modèle de domination d’une nation sur une autre ?

D’autres choix furent objet de discussions : la direction de la tête vers la France, la position de sa queue, haute ou basse ?

 

La butte et le lion furent menacés de destruction. En effet, 15 ans après la bataille de Waterloo, la Belgique devint indépendante et les ennemis d’hier étaient devenus des alliés.

En 1832 les troupes françaises commandées par le général Gérard mirent fin au siège d’Anvers par l’armée hollandaise.

Ému par l’aide apportée par les Français pour renvoyer les troupes hollandaises hors du pays, le député, Alexandre Gendebien, déposa le 28 décembre 1832 la proposition de loi suivante :


« Attendu que le « Lion de Waterloo » est odieux à la France comme à la Belgique, par ce qu’il perpétue le souvenir du triomphe passager de la force brutale sur la civilisation […] décrète :

1) La nation  belge adresse des remerciements à l’armée française et à ses dignes chefs.

2) Le Lion de Waterloo sera converti en bombes et boulets pour servir à la défense de l’indépendance et de la liberté des deux peuples. Il sera remplacé par un monument funéraire sur lequel flotteront à perpétuité les couleurs de la France et de la Libre et Indépendante Belgique »

Seul le premier article recueillit l’unanimité des suffrages.

Le second fut repoussé à forte majorité après de nombreuses et âcres discussions.

« S’il n’y avait pas eu Waterloo, Bruxelles serait encore le chef-lieu d’un département français » déclarait Jean-Baptiste Nothomb

Quant au comte Robiano, il considérait la suppression du monument comme un geste impolitique :

« Il faut éviter d’irriter l’Europe. Car la bataille de Waterloo fut précieuse à l’Europe, à la France même. L’absolutisme est indépendant de Waterloo. »

Gendebien tenta de défendre son projet mais rien n’y fit.

La presse est également opposée à la destruction du monument.  Le journal « Le Belge » écrit :

« Les monuments publics sont des livres d’Histoire à l’usage des peuples. Respectez-les, si vous voulez être respectés. »

« L’Indépendant » publie ceci :

« Nous regrettons de voir mêlés les souvenirs de 1815 à la gloire présente. Waterloo appartient à l’histoire, le présent seul appartient aux Chambres belges. »

Le Lion de Waterloo fut donc sauvé de ce projet de démolition.

Il veille toujours, deux cents ans plus tard, sur la « morne plaine ».


(Waterloo illustré)


 
Pour en savoir plus :

 

Le 26 mars 1914 : le centenaire de la loi protection du site de la bataille de Waterloo /Claude Van Hoorebeeck
Echarp : bulletin de liaison ; nr. 71, 1er trimestre 2014, p. 13-30

Le centenaire de la loi du 26 mars 1914 assurant la protection du site de la bataille de Waterloo / Claude Van Hoorebeeck ; préface de Philippe Raxhon
Vieux-Genappe : Société royale belge d'études napoléoniennes, 2014

L' horizon se dégage à l'ombre du lion / Xavier Attout
Espace-vie ; nr. 222, juin 2012

Le mémorial de Waterloo : coulisses d'un chantier. 02 / Yves Vander Cruysen Echarp : bulletin de liaison ; nr. 66, 1er trimestre 2013, p. 39-40

La préservation de Waterloo. Au gouvernement qui présenta le projet de loi et aux membres du parlement qui le votèrent. Mission du Comte de Grünne à Londres. Pauquin après la bataille de Waterloo / Collab. Louis Cavens
Bruxelles : F. De Ryck impr., [1914?]

La question de Waterloo / Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1906.

La question de Waterloo : les réponses / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

La question de Waterloo : les réponses : suite / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

Waterloo : rétroactes 1906-1907, Waterloo devant le pouvoir / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

Waterloo : voix de France / Comte L. Cavens ; Comte Albert de Mauroy
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

Waterloo : voix de Guernesey / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

Waterloo : voix du Japon / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1908

Waterloo et la civilisation moderne / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1907

Waterloo sera sauvé / Comte Louis Cavens
Bruxelles : Imprimerie Dreesen et De Smet, 1908

mercredi 1 juin 2016

Formations proposées par la Bibliothèque centrale du Brabant wallon


Formations proposées par la Bibliothèque centrale du Brabant wallon

La Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon (FWB) propose à des publics particuliers (bibliothécaires, animateurs, ...) des formations professionnelles.

Par exemple :
  • Comment organiser une murder party en bibliothèque ?
  • Animer un atelier d’écriture « polaroïd »
  • Le ukulélé comme partenaire dans les albums de jeunesse

Retrouvez ici les divers cursus.

Le fonds en multiples exemplaires de la Bibliothèque centrale du Brabant wallon

 
Fonds en multiples exemplaires

La Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon (FWB) propose aux enseignants de tous les réseaux d’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu'aux bibliothécaires :
  • un choix d’albums et romans pour la jeunesse en exemplaires multiples.
  • une collection de jeux didactiques

Pour plus d'information sur ces services et bien d'autres...